Certains penseront que tout cela est très négatif, que c'est une vision un peu terne de ce que nous sommes. Mais non ! Pas du tout ! Bien au contraire.

 

La question de la finalité de la vie humaine a été posée d'innombrable fois. Bien qu’elle n’ait véritablement jamais trouvé de réponses satisfaisantes, sans grand risque, on peut affirmer que l'homme aspire à l’absence de souffrance et de déplaisir, et donc à connaître le bien-être et à rester dans le bonheur. Savoir si le bonheur fait parti ou non du programme original de l'humanité, n’est pas très intéressant en soi. Ce qui est certain, c'est que la prolifération de politiques, de lois, de recherches, de livres, de stages, d’ateliers dont le seul objectif est de trouver une réponse à cette question du bien-être et du bonheur, témoigne d’une certaine prise de conscience que l'homme n'est pas heureux. 

 

Il est parfaitement impossible de penser la vie avec audace et créativité sans sortir du cadre, sans prendre toute la mesure de ce que nous sommes véritablement devenus. 

Tout mon travail, pour faire simple, c'est une manière de dire "voilà ce que nous sommes devenus et à vous de voir ce que vous voulez en faire". Je ne fais que convier à penser autrement où l'autrement est une sorte d'invitation à aller par-devers soi, à ne pas réduire la pensée au déjà pensé, à rendre la pensée différente d'elle-même, afin de ne pas se contenter du constat d'un malaise dans notre civilisation et d'avoir le courage de notre responsabilité. 

Que sommes-nous devenus ? C'est une question simple. Mais si l'on en croit les nombreuses propositions ont été formulées et donc le fait qu'aucune n'est vraiment satisfaisante. Or ce questionnement est essentiel pour faire face à ces défis. Notre civilisation, pour répondre à une telle question, et je le regrette profondément, ne se considère pas assez étrangère à elle-même à mesure qu'elle devient de moins en moins apte à mener une réflexion critique sur elle-même. Or il faut avoir le courage d'une autre vérité sur ce que nous sommes devenus et faisons. Car demain ne saurait se réfléchir d'une manière créative sans cette exigence de compréhension de l’actuel et de ce qu'il implique pour tout un chacun et le collectif. C'est parfaitement indispensable pour se réinventer.