Notre civilisation a fait un parcours passionnant. Dire quel parcours ? L'homme grandiose.

 

Les avancées technologiques ont permis d’affranchir l’homme de la (sa) nature ; elles l’ont réinventé au-delà des limites physiques au sens des limite de la (sa) nature. L’optique corrige les limites de la visibilité. Les contraceptifs permettent de décider de quand il pouvait donner la vie. La chirurgie lui permet de modifier l’esthétique du corps. Le bateau, l’avion, la voiture, abolissent les distances. Le téléphone dépasse les limites physiques de sa voix, etc.

 

Par ces prothèses, l’homme est devenu en quelque sorte un demi-dieu. Il est devenu passablement grandiose dans la mesure où toutes les technologies lui ont permis de se surestimer, de se compléter et parfois même de le substituer.

 

§  C'est la naissance du surhomme de Nietzsche.

 

Le mot civilisation ?Ordre, hygiène et esthétique sont les trois principaux piliers sur lesquels repose tout le projet de notre civilisation. À partir d'eux, tout un hygiénisme moral s'est développé à partir du XIXème siècle et a fait de la santé une priorité dans les pays occidentaux. Pour les tenants de l'hygiénisme moral, soutenir le projet de la Cité idéale passe par l'optimisation de la force collective et donc, par la garantie de la bonne santé du peuple.  

 

Dans cette mesure-là, l'ordre et l'esthétique se sont imposés comme les deux principales facettes du projet de civilisation.

Avec l'ordre et l'esthétique, on voit se dessiner tout un hygiénisme moral duquel découle une manière unitaire de se conduire, et qui traduit la mise en place d'une Cité juste, d'une raison pure, d'un corps sain. Depuis Platon[1], ce dogme n'a jamais faibli, qui plus est, dans un même temps, il n'a jamais cessé de conquérir de nouveaux domaines d'actions et il s'est même amplifié avec l'émergence des discours sécuritaires[2]. L'aménagement de l'espace urbain est central dans le développement de la Cité idéal au sens où il est censé aller de paire avec le progrès social. 

 

 

 

 

Mais elle est aussi confrontée à de nombreux défis dont les enjeux n'ont jamais été aussi élevés et pour lesquels nous sommes les seuls auteurs. Cette prise de conscience se produit alors même que nous subissons une dé-construction normative inédite dont le principal effet est d'enfanter une autre manière d'être, nouvelle, radicalement différente de celle de ses prédécesseurs. Mais il faut bien l'avouer c'est une manière d'être à propos de laquelle, nous avons nous-mêmes peine à dire ce qu'elle est. Que sommes-nous devenus ? C'est une question simple. Mais si l'on en croit les nombreuses propositions ont été formulées et donc le fait qu'aucune n'est vraiment satisfaisante. Or ce questionnement est essentiel pour faire face à ces défis. Notre civilisation, pour répondre à une telle question, et je le regrette profondément, ne se considère pas assez étrangère à elle-même à mesure qu'elle devient de moins en moins apte à mener une réflexion critique sur elle-même. Or il faut avoir le courage d'une autre vérité sur ce que nous sommes devenus et faisons. Car demain ne saurait se réfléchir d'une manière créative sans cette exigence de compréhension de l’actuel et de ce qu'il implique pour tout un chacun et le collectif. C'est parfaitement indispensable pour se réinventer.

Tous ces défis qui s'imposent à notre civilisation, qu'ils soient politiques, économiques, écologiques, sociaux, éducatifs, etc., ne trouveront de réponses que si nous sommes capables d'aller par-delà ce que nous savons déjà.

L'autrement est une sorte d'invitation à aller par-devers soi, à ne pas réduire la pensée au déjà pensé, à rendre la pensée différente d'elle-même, afin de ne pas se contenter du constat d'un malaise dans notre civilisation et d'avoir le courage de notre responsabilité. kafka :  On ne sait jamais ni vers quoi ni jusqu’où ni par où ça va aller parce que le fil apparaît dans le mouvement-même du tissage. L'art de parvenir appelle à un auto-engendrement. Ça rappelle un passage de Kafka dans lequel il évoque l'homme moderne qui marche au-dessus d'un étang sur une poutre qui n'existe pas d'avance. Et donc, c'est l'homme qui en avançant, pas après pas, trace le chemin et le solidifie. L’auto-engendrement oblige à avancer, il impose d’aller par-delà soi-mêm .

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